Un patient anxieux décrira volontiers son émotion anxieuse, c'est-à-dire ce qu'il ressent (boule dans la gorge, tension intérieure, palpitations, irritabilité, sentiment d'inquiétude...). Il dira également quelle est la situation anxiogène, c'est-à-dire ce qu'il vit, qui selon lui a provoqué l'anxiété (mes enfants sont en retard...). Il évoquera assez facilement le comportement inadapté que son anxiété provoque, c'est-à-dire ce qu'il fait (je tourne en rond, je vais et je viens, je m'agite mais je ne parviens pas à me concentrer...). Mais évoque-t-il spontanément ses cognitions, c'est-à-dire ce qu'il pense, ce qu'il se dit à lui-même au moment de l'anxiété, son discours intérieur ? S'il le faisait, il comprendrait que c'est la pensée négative qui provoque l'émotion anxieuse et pas seulement la situation. Il comprendrait qu'il a tendance, parce qu'il est anxieux, à dramatiser les situations, à toujours appréhender le danger, à penser que le pire va arriver (mes enfants ont eu un accident...). L'anxiété perturbe les fonctions cognitives mais les cognitions erronées provoquent l'anxiété et le cercle vicieux s'installe. Pour en sortir, il faut soulager les patients car l'anxiété est une vraie souffrance, mais il faut également permettre au patient de faire face à ses problèmes en modifiant ses pensées négatives. Pour cela, il lui faut mobiliser son attention, sa mémoire, se concentrer, il lui faut trouver des solutions alternatives moins dramatiques pour se décider, pour entreprendre : il doit disposer de fonctions cognitives normalisées. Le Management Clinique Moderne de l'Anxiété est basé sur cette double approche thérapeutique : soulagement de la souffrance et respect des fonctions cognitives afin de réévaluer les pensées négatives.
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